Ciné-débat à L'Aventure

Première internationale - 30 Octobre 2017

Les rébellions dans le monde arabe ont été rapidement enveloppées dans l'expression «printemps arabe» - une parenthèse simplificatrice qui sonne bien, une accolade verbale qui supprime également tous les détails. Le film de Pauline Beugnies fait référence à l'Egypte, explicitement à la "génération Tahrir". Et il se réfère à la jeune femme qui sourit à la caméra au début du film et qui a diagnostiqué un trouble mental chez elle et chez ses contemporains: le grand bonheur d'en avoir fait partie du est accompagné d'un profond regret d'avoir lancé le mouvement.

Mais est-il toujours vivant, cet esprit de la révolution égyptienne de 2011? Ou s'est-il déjà adapté aux nouvelles circonstances, les limites repoussées, les autorités reprenant le dessus? Beugnies parle à des jeunes qui pourraient bien être appelés «vieux révolutionnaires», même si presque personne d'entre eux n'a plus de 30 ans. Elle les confronte avec les enregistrements des personnes qu'ils étaient alors - étranges re-rencontres avec de vieilles identités dont ils se souviennent comme on se rappelle d'amis perdus. Elle les laisse parler des dernières années, des enfants qui sont nés, des déceptions et de l'usure de la vie. Mais heureusement, ils parlent parfois aussi agressivement et exubéremment qu'en 2011.

Sylvia Görke (traduction du catalogue)